Les soins et les soignants sous la IInde guerre mondiale…

Je vous invite à regarder le 2ème épisode de la série UN VILLAGE FRANCAIS sur France 3 et qui se nomme « le chaos ». La majeur partie du film se déroule dans une église organisée en hôpital de fortune, alors que le village est envahi par la Wermacht et que les maisons sont réquisitionnés, que les vivres et les médicaments viennent à manquer.

Je pense que ce film illustre très bien la dimension d’improvisation qui a été nécessaire pour assurer les soins : on voit effectivement l’institutrice pris dans le regret d’avoir laissé tuer un enfant par son erreur de jugement et qui s’engage auprès du médecin comme aide. Celui-ci demande à une autre: « vous êtes infirmière ? », elle répond non mais se positionne dans une posture d’aide et de soutien aux blessés.

Rapidement une césure se met en place entre le lieu de soins où malades et blessés, et personnes décédés sont installés. Le médecin demande à « ce que soit filtré » les entrés.

Je crois que l’on voit très bien comment « s’incorporéise » la violence et comment la maladie prend un statut de traumatisme qui s’incarne dans les corps. Cette violence vient structurer rapidement les groupes sociaux : les aidants, les aidés, les persécuteurs.

Et c’est là que jaillit ce que fut la Résistance y compris civile : « nous n’indiquerons pas où se trouve le communiste autrichien » recherché par les allemands dit le médecin, adjoint au maire. En revanche il trahit son serment car il dit « qu’ils ne l’aideront pas non plus ».

Les ordres traditionnels sont bouleversés… le fils de notable voit bien qu’il doit attendre son tour.

Ce témoignage video très bien rendu m’amène à penser que le « soin » doit se penser dans ses rapports avec le contexte social et qu’elle est une forme d’incorporation de la « violence » au sens de « techniques du corps » qui structure la notion même de « thérapeutique ». Là où la science nous amène à considérer le soin comme une forme d’action sur des forces extérieurs, il me semble intéressant de considérer le soin sous l’angle de « l’accumulation de violence » commune aux soignants et aux soignés et d’observer comment cette accumulation structure les relations sociales, élabore des normes nouvelles.

PAr exemple, j’aurais tendance à penser que notre conception de l’autonomie actuelle est dans cette veine d’analyse, une forme de « violence » car c’est une « autonomie » subie c’est à dire une norme sociale qui s’impose aux soignants comme aux soignés.

Bref… je vous laisse voir le film et attends vos commentaires.

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