OPINION : LES SOIGNANTS INFIRMIERS artisans du soin ou cadre ?

Jusqu’à présent j’avais peu donné sur ce blog d’argumentaire personnel me contentant de relayer des informations glanées sur le WEB, faute de temps à vrai dire. Je m’étais donné comme objectif de traduire certains articles ou aussi de faire des compte-rendu critiques… comme vous avez pu le constater je n’ai pas pu le faire réellement. C’est pourquoi je propose ici une petite réflexion personnelle. Il s’agit avant tout d’un essai POUR PENSER.

Voici donc le fruit de ma pensée du jour que je partage avec vous.

Dans le contexte de mise à plat des études en soins infirmiers et du passage en catégorie A, je pense que sous couvert de résoudre un problème d’attractivité du métier par le biais du salaire, la question de l’autonomie de la profession soignante et de sa légitimité à exister comme complément de l’activité médicale à part entière n’est pas résolue.

Jusqu’à présent on fonctionne sur un modèle INGENIEUR-EXECUTANT pour modéliser le rapport MEDECIN-SOIGNANT, même si des dispositifs amendent ce rapport hiérarchique dans la pratique comme les dispositifs de réunion d’équipe mais les échanges sont essentiellement verticaux et se fondant sur des rapports sociaux, de classe sociale, de niveau d’études et de légitimité professionnelle. La Santé dans ce modèle et la Maladie relèvent du domaine médical à proprement parler et toute l’ingénierie c’est à dire la conception de projet de soins passent par l’analyse et l’expertise d’un seul acteur : le médecin.

Dans ce cadre l’infirmier est dans une fonction d’exécution (ce qui n’est un jugement de valeur) et le soin relève du domaine dans ce cadre de la PRATIQUE, l’art du soin relevant du domaine de l’artisanat au sens de savoir-faire. Soigner existe comme une fonction professionnelle, substitut de l’art domestique du soin quand celui-ci n’est plus suffisant. Les soignants d’ailleurs ont un monde plutôt à eux, plus proches du malade dont il tire d’ailleurs une forme de savoir que ne possède pas le médecin.

Ce modèle est congruent avec les textes de référence qui fondent les métiers comme le décret délimitant des tâches précises que peuvent ou non exécuter les professionnels et leur degré de responsabilité.

L’évolution des rapports sociaux à l’hôpital, les nécessités d’humaniser les soins, et le niveau scolaire des infirmiers évoluant également, ont engagé les infirmiers sur des pratiques transversales aux seules actes de soins c’est à dire en dehors de la seule linéarité du planning ordinaire et du quotidien du malade dans ses besoins primaires.

Ainsi le jugement soignant est-il progressivement mis à contribution dans le cadre de réunion notamment qui ont besoin pour réformer l’hôpital d’impliquer des acteurs qui sont les plus nombreux : les soignants.

De ce fait l’infirmier en s’éloignant du malade par la nécessité des tâches administratives ou de MENTALISATION du travail de service tel qu’il oeuvre dans d’autres secteurs de l’activité professionnelle, crée un nouvel acteur intermédiaire entre le patient et le MEDECIN. L’infirmier-cadre émerge….

Bénéfice immédiat : valorisation apparente du métier mais conséquence peut être moins apparente, il commence à naître des tensions entre l’idéal d’un métier et sa réalité. Autre conséquence : la constitution de nouveaux référés c’est à dire les normes auxquelles on se réfère pour fonder nos jugements professionnels se multiplient et sont parfois contradictoires. Normes d’accréditation, valeurs individuelles valables au nom du respect de l’individu, expression démocratique du patient, normes éthiques, savoirs épidémiologiques, ratio coût/bénéfices/risques, évidence based nursing… sont autant de critères qui se multiplient pour servir de base de réflexion à la pratique soignante.

D’où la complexification du rôle soignant qui gagne cependant dans le même temps une place progressivement légitime comme intervenant dans le parcours des patients alors que ces rôles de pratiques avancées restent mal définies et peu valorisées sur le plan des carrières ou de la légitimité institutionnelle : à nouveau les soignants existent en demi-teinte.

Et question qui n’en n’est pas des moindre : que devient dans ce cadre là le savoir soignant et de sa qualité c’est à dire du temps passé à procurer du soin comme acteur artisan du métier de soin comme pratique clinique, savoirs instrumentaux et qui ont pour vocation de procurer des changements dans l’état de santé des personnes ?

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