Et si les infirmiers s’intéressaient aussi à la santé ?

Une idée m’est venue en préparant mes cours de Santé Publique (en tant qu’intervenant) somme toute pas très originale en soi mais qui peut si on creuse bien me sembler être une ouverture pour une recherche infirmière originale et ouvrir sur un point de vue décalée sur le travail de soin.

Là où il me semble que l’infirmier se trouve dans une ornière (en l’occurence la recherche conduite sur le modèle de la recherche de l’efficacité – essai randomisé par exemple), je propose de s’intéresser non pas aux mécanismes de soins qui s’intègrent uniquement dans la perspective maladie/risque/prévention mais dans la perspective de poser la question de savoir ce qui « fait santé » pour le malade.

Si la maladie est un « objet » bien approprié par la profession, à la limite c’est très légitime, peut être devrions nous pour mieux valoriser ces micro-savoirs du quotidien qui font toute la différence entre une pratique qui est satisfaisante pour tous et une autre qui est source de sentiment d’échec ou d’incompétence.

Je veux parler de la vision de ce qui fait « santé » pour un individu donné ou tout aussi bien pour un groupe de personnes.

Ainsi peut-on être porteur d’une maladie chronique et s’organiser au quotidien pour contrebalancer les effets négatifs des traitements (stigmate) ou réussir à faire des micro-projets qui soutiennent l’estime de soi et donc l’adoption de pratiques qui soutiennent l’effort quotidien de la prise de traitement, son acceptabilité, et ses effets durables.

Ainsi peut on voir que parler de « santé » ce n’est pas prendre le contrepied du modèle biomédicale… mais c’est le compléter au même titre que les soignants développent un art de l’accompagnement quotidien qui dépasse la seule prise de position compassionnelle.

Pour exemple :

Mme X vient accompagnée de sa soeur invitée par les urgences à se présenter au centre de consultation parce qu’elle a pris un somnifère pour la énième fois avec de l’alcool. Elle travaille beaucoup et se dit fatiguée. ELle évoque en déballant tout sur un débit rapide, des violences conjugales et intra familiales avec sa fille. Une grande colère semble l’habiter. Son mode de communication se fait sur un mode ironique ce qui lui permet de mettre à distance toute forme d’aide.

Plusieurs évolutions de la situation sont potentiellement envisageables :
1) Elle « réussit » : après tout, il n’est pas obligatoire de consulter.
2) Sa colère déclenche celle du soignant : après tout son mode communication manifeste est rejetant.
3) En tant qu’accueillant infirmier je suis légitime pour effectuer un entretien.
3-a) Sur un modèle maladie/risque : on prend en compte la prise médicamenteuse qu’on rapporte à des difficultés sociales et d’ordre sinon psychiatrique, psychologique.

3-b) Sur un modèle psychosocial du comportement de santé : j’intègre la dimension de mésestime d’elle même et la nécessité pour « exister » de pouvoir disposer d’une marge de manoeuvre pour parler ou non de ces traumatismes passés. Elle exprime le fait « qu’elle n’en dira pas plus ». Pour le moment… libre à elle de disposer de l’opportunité qui lui est proposé.

On peut compléter le point de vue par le fait qu’elle réussit à « tenir » malgré les difficultés cités.

Cette analyse succincte tente de montrer que l’infirmier peut avoir intérêt à s’ouvrir sur ce qui fait les « réussites » du patient complémentairement aux difficultés. Non seulement au quotidien mais ça les professionnels le font certainement à leur échelle mais BIEN PLUS dans le développement d’une analyse qualitative des situations de soins. La problématique serait donc QU’EST CE QUI FAIT SANTE (cf modèle de salutogénèse par exemple).L es ramifications seraient certainement longues de développement inattendues et çela fait partie de L’ESPRIT RECHERCHE.

A suivre….

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