L’organisation des soins psychiatriques : Rapport de la Cour des Comptes

Selon le journal LEMONDE, « la Cour des comptes dresse un bilan mitigé des effets du plan « Psychiatrie et santé mentale » (2005-2010). »

Ce rapport peut sembler être une provocation quand on sait le cumul de handicaps qui existent pour les patients qui effectivement ne sont pas QUE malades mais aussi SDF, isolés de leur famille, avec des niveaux de formation peu élevés, des capacités de réintégrer le milieu ordinaire souvent mises en échec par LE REJET de plus en plus flagrant à leur égard des autres secteurs.

La société rejette ses fous.

Et les infirmiers sont aussi démunis quand ils doivent être deux pour 30 patients… et comment dans les SAU travailler avec avec des équipes des urgences sur-saturés qui n’ont quasiment aucune approche de la maladie mentale sinon que sous l’angle AGITATION/CONTENTION/SEDATION…

ALors la cours des comptes devraient un petit peu voir la réalité concrète avant de blâmer les équipes qui commencent si ce n’est pas déjà le cas à SATURER sérieusement sur le terrain. Et voir que certaines situations si ce n’est toute demandent de dénouer des liens difficiles entre des proches, des histoires complexes… Une maladie mentale attaque toutes les sphères de l’individu et ne se règle pas comme un ongle incarné ou une opération du genoux. Ca dérange, ca mobilise, ça demande un peu de temps, de méthode et de raisonnement…

Le médicament soulage mais n’attribue pas de sens et en cela la psychiatrie doit rester humaine.

Il ne faut pas opposer hospitalisation et suivi dans la communauté : il faut développer les DEUX à la fois. Enrichir le soin en Unité d’hospi c’est préparer la sortie. Et développer les unités de soins et d’accompagnement c’est tisser du lien solide, souvent fait de « petits riens », d’estime partagé entre personnes adultes et de RECONNAISSANCE mutuelle, qui valorise la personne et non pas le malade qui se sent reconnu dans sa pleine dimension d’être humain.

Alors maintenant il faut passer le cap des intentions politiques et faire en sorte que le service public soit décent. La coupure avec le public est de plus en plus grande.

L’état de la Psychiatrie c’est le miroir de l’état de notre société.

Bonne réflexion.

A bon entendeur.

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