L’infirmier peut-il être un Zombie ou un robot ?

Autrement dit : l’infirmier peut-il être émotionnellement amputé ?

Nous nous demandons si tout travail et en l’occurence de soins, peut être effectué sans un minimum de cohérence émotionnelle avec son environnement social d’une part et d’autre part sans que ce vécu subjectif ait une quelconque importance dans le travail effectué.

Si je prends l’exemple d’un artisan travaillant seul dans son atelier, qu’il soit heureux ou triste, cela ne gêne personne s’il parvient à respectuer les contrats auxquels il s’est engagé. PEut être somme toute dans la relation avec le client, un artisan avenant aura t’il plus de chance d’obtenir du scuccès commercial mais cela étant dit un artisan bougon mais sérieux aurait il plus de chance d’avoir une bonne renommée qu’un artisan chalereux mais incompétent.

Mais le problème est il si simple ?

Car à vrai dire on peut imaginer que la créativité et l’imagination d’un artisan déprimé aura un impact négatif sur son propre travail… même si la mélancolie génère parfois de grands succès artistiques comme le soulignait Aristote.

Certes les grands génies sont ils parfois un peu ombrageux ou fortement caractériels, mais la société les exonère car ils font figure d’être exceptionnels, à part et leur cas ne nous intéresse pas.

C’est l’homme moyen qui nous intéresse. L’artisan du soin en l’occurence, père ou mère de famille, compagnon de vie d’une autre personne, célibataire mais ayant des amis, brefs… de tout un chacun.

On a bien compris que j’utilisais une métaphore. Bien sur l’infirmier ne peut être Zombie ou robot hormis à être mort vivant ou sorti du bureau de Dr Frankestein.

Ceci dit les schwester allemandes ayant participé aux exprimentations humaines des médecins nazis ont elles pu sembler dénuées d’âme à leurs victimes. Mais pour ne pas nous rassurer jusqu’à présent rien ne prouve qu’elles furent zombifiées… elles étaient bien humaines, douées d’une profondeur de conscience et de responsabilité morale.

Evacuons ces cas extrêmes, qui ne sont point des détails et concentrons nous sur la nécessité ou pas d’être dézombifié lorsqu’on est un artisan du soin.

Trouverais je dans la littérature une once d’argument en faveur du vécu émotionnel des soignants ?

La détresse morale que peut engendrer le sentiment d’innefficacité me semble par contre être une injustice énorme quant au fait que les soignants ne pourraient pas être heureux quelques fois car… selon un principe de justice si l’on éprouve des sentiments négatifs il peut sembler normale et équitable d’éprouver quand même de temps en temps des sentiments positifs. Ce n’est que justice.

Peut être ce sentiment de détresse morale, n’est il pas distribué partout de la même façon et les soignants les moins formés peuvent ils en être plus facilement la proie ? La distribution de ce sentiment négatif ne suit pas forcément le gradient universitaire et relève peut être de ressorts plus complexes.

Néanmoins si l’on dit que sur le plan de la justice, il est normale d’avoir une compensation face à des sentiments négatifs, qui doit s’en occuper ? Et pour l’analyse restons au travail.

Le soignant trouvera alors compensation pour rééquilibrer cette injustice : grignotage du temps de travail, grignotage de gateaux secs, cigarettes grillées sur la terrasse, petits moments de détente improvisées,… Autant de petits bouts symboliques qui compensent l’injustice de ne pas avoir assez de moments de juste sentiment de pleine réalisation de soi au mieux ou en tout cas celui de se sentir bien, en accord avec soi même.

Nous y voilà… la pleine réalisation de soi. Le soi… un mot qui fâche : l’infirmier artisan du soin a t’il besoin d’être lui même ou de chercher à l’être ?

L’histoire des soins montre que Soigner c’est aussi abdiquer devant ses propres besoins pour se vouer à l’autre… en somme se nier un peu. Donc être un peu robot ou zombie. Et certains font mauvaise fortune bon coeur ou bien de nécessité vertu. Ce qui est la force des petits, des impuissants. Et leur noblesse.

Malgré tout est ce une bonne chose d’etre un peu Bonne, C…, et Nonne ?

Et après tout quid du désir sexuel chez les soeurs ? Donc de la pulsion individuelle ? Elle existe, inutile de la nier ! Donc quid de la pulsion de vie chez les soignants ?

Zombie OUI mais Zombie en Vie !

Nous reprendrons le cour de ces disgressions plus avant. Mais pour l’instant contentons nous de dire que le problème n’est pas accessoire et mérite examen.

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