Zombies et Robot (suite)

Je lis la phrase suivante : « des chercheurs ont montré que si l’on supprime les parties du cerveau liées aux émotions, l’homme devient un légume incapable de prendre la moindre décision »

Certes… mais de quoi les infirmiers ont ils la possibilité de prendre une décision ?

On peut supputer également que derrière le discours laudateur sur le métier se cache inconsciemment une neutralisation de toute vision critique et d’analyse des actes au quotidien.

La peur de défendre un point de vue est assez forte car vu comme une innaceptable prise de position qui destructure une équipe ou une supposée communauté d’esprit. Le monde soignant est une structure mécaniste c’est à dire que la formation similaire de chacun est suppposée permettre une attitude commune et donc empecher toute dérive.

Or du fait de l’extrême variabilité des demandes qui se font jour dans certains domaines de soins comme ceux de première ligne ou situés dans des zones urbaines sociologiquement complexes, les structures de soins tendent à se muer vers des adhocraties selon la terminologie de Mintzberg.

De ce fait il se fait ressentir le besoin pour les infirmiers d’exprimer un point de vue, un avis sur une situation donnée. Ce qui jusque là était l’apanage de professionnelles qui étaient plus dans l’analyse commes les psychologues ou les cadres et les médecins.

Or l’évolution récente du métier d’infirmier qui compte dans ses rangs des diplômés parfois jusqu’au doctorat manque de reconnaissance précise dans l’univers trés hierarchisé des soins.

On renvoie le lecteur au débat sur le LMD qui a eu lieu en France et la représentation surranée qui émanait des avis du Ministère.

Au fond ces bonnes petites infirmières, on les aime mais… « dures à la tâche, qui ne parlent pas et qui ne s’assayent pas à la table des hommes ». Dixit un célèbre homme publique sur les femmes.

Un peu osée comme analyse… à peine voyons !

Donc il y aurait à voir avec une problématique de genre, c’est certains. Mais ça ne résoud pas le problème de savoir comment un avis d’un soignant peut être entendu.

Manque ainsi une terminologie adéquate car user de la terminologie médicale fait tout de suite passer le dissident pour soit un pédant, un usurpateur, ou un prétentieux.

Or il se crée une culture commune dans les services entre médecins et infirmièr(e)s, les uns se fiant à la capacité d’observation des soignants et les autres écoutant les analyses faites de leurs observations… du coup se crée une sorte de langage commun… et il suffit qu’un acteur change pour que le dictionnaire doive être reconstruit.

Un même mot peut avoir plusieurs significations…

Il est temps également de définir un rôle entre l’éxécutant des actes prescrits et l’infirmier de confiance, celui qui connaît son service, pour donner aux infirmiers un vrai rôle transposable d’un service à l’autre, reconnu, sans que ne se pose la question de la légitimité du professionnel ni qu’entrent en jeu des protocoles maisons qui ne font qu’entériner des pratiques locales sans répercussions pécuniaires somme toute légitime, ni évolution sur le plan de la carrière.

Bref…

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