Universitarisation et la formation « morale » des infirmier(e)s

L’Universitarisation est loin de poser qu’un ensemble de problèmes de planning ou de gestion d’intervenants et de terrain de stage… si ce n’était que cela les choses ne seraient finalement que bien plus simple.

Le malaise vient du fait que ce gain en prestige n’est qu’une forme de reconnaissance (très) tardive ou assez décalé dans le temps de la masse de travail nécessaire pour « devenir » infirmier.

Le diplôme et le grade universitaire signant un rapprochement vers les dominantes intellectuelles de la société, les réticences à l’obtention de ce grade sont le témoignage de frein idéologiques ou pire méprisants…

Néanmoins la question que je pose n’est pas là.

La question est plutôt de savoir qui formera « moralement » les infirmiers… c’est à dire comme le souligner le sociologue Elliot Freidson : « Il s’agit d’un processus de socialisation secondaire où, par
interaction avec les autres étudiants et imitation des aînés, l’apprenti étudiant (en médecine)
apprend à se conformer aux codes, aux normes, aux règles en vigueur et à mieux
cerner ce qu’on attend de lui. »

Rappelons que le métier de soin s’appuie et s’adosse à une éthique, et un éthos, dont la seule formation universitaire ne peut suffire pour la transmettre.

Citons ainsi les mots du Docteur Bourneville en 1889 : « sois bonne, consciencieuse, dévouée ».

Si évidemment cette formation morale de soumission n’a plus lieu d’être, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain et gageons qu’une réflexion de fond permettra de dégager des principes comportementaux et moraux (éthiques) qui permettent de relever le challenge d’une société plus individualiste et plus compétitive.

La notion de « bonne pratique » peut ainsi permettre de se passer de la vieille notion de « vertu » qui revient à donner à quelqu’un des qualités individuelles différentes des autres personnes.. mais sur quels principes ?

Evitons donc de retomber dans l’excès de l’idéologie de la soumission pour en retomber dans une autre et oeuvrons pour que notre profession soit un modèle démocratique, républicain et défendant les droits humains. Le reste viendra comme le disait PAscal « de surcroît ».

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s